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Marcher à Kerguelen - François Garde

Marcher à Kerguelen

Garde, François 1959 - ...
Normandie roto impr.

Vingt-cinq jours de marche en autonomie dans l'un des archipels français les plus inaccessibles.

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Parmi les territoires français, les plus méconnus se trouve l’archipel des Kerguelen. Cette terre est également l’une des plus australes au monde avant l’Antarctique. La température n’y dépasse guère 10°C en été et l’île principale présente un paysage vierge et désolé, battu par la pluie et par les vents.

Depuis sa découverte en 1772, aucune des tentatives d’exploitation agricole ou industrielle ni aucune installation de populations permanentes n'ont pu aboutir. Le territoire est désormais consacré à la recherche scientifique et constitue une réserve naturelle sensible.

Cet environnement, peu propice à d’innocentes vacances, François Garde le connaît bien. Il a été par le passé administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises, dont dépend le district de Kerguelen. Depuis, il a eu maintes occasions de parcourir Kerguelen et le périple narré dans ce livre n’est en rien une découverte. En revanche, l’auteur n’avait jamais tenté de réaliser la traversée intégrale de l’île principale, périple qu’il estime comparable à la traversée de la Corse en termes de distance. Kerguelen exerce sur François Garde une sorte de fascination qu’il ne parvient pas lui-même à expliquer.

Vingt-cinq jours de marche sans aucun sentier balisé, de nuits inconfortables sous la tente ou dans l’abri relatif des quelques cabanes disséminées sur l’île, de solidarité silencieuse avec les trois autres randonneurs qui l'accompagnent, mais aussi de doutes, car l’isolement presque total n’autorise pas l’échec de leur périple. Au-delà du seul voyage, la marche opère aussi sur les corps une sorte de retour à l’essentiel organique et le sentiment plus fort encore qu’ailleurs de n’être que de passage.

Lorsqu’il atteindra la plage de la Possession, à l’extrême sud de l’île, François Garde aura l’impression étrange de « regarder par-dessus l’épaule d’un officier de Louis XV et de voir avec ses yeux » un paysage identique à ce qu’il était le jour même où l’île devint française. Abolissant en partie temps et civilisation, Kerguelen enseigne ainsi une forme d’humilité à ceux qui viennent la parcourir, comme lui, auteur, par la terre, ou comme nous, lecteurs, par le papier.

AG

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